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| Agence
de Presse
Pieds-Noirs
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Mise
à jour le 20.01.2008 à 11 Heures 07 |
LES
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reçues en rapport avec notre Communauté.
Que vous souhaitez diffuser dans le Monde entier,
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INFORMATION
N° 007 |
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CIMETIÈRE
CHRÉTIEN DE LAKHDARIA
Une insulte
aux morts et aux vivants
Un acte que même un barbare ne saurait accomplir de
sang-froid, un acte dont la seule vue rend malade pendant
des jours, des tombes ouvertes, d’autres souillées
d’immond |
Une
insulte aux morts et aux vivants |
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Dernière
minute
S’il existe un comble de l’abomination, les
profanateurs du cimetière chrétien de Lakhdaria
peuvent être assurés de l’avoir atteint.
Deux confrères, habitant ce chef-lieu de daïra,
à 45 km au nord-ouest de Bouira, et une association
culturelle nous signalaient déjà ce sacrilège,
mais un responsable local, contacté à ce
sujet, le démentait. Il a fallu qu’un internaute,
qui a visité un site consacré à la
profanation de ce cimetière chrétien, attire
de nouveau notre attention sur cette abomination. Et c’en
est une, en effet. Un acte que même un barbare ne
saurait accomplir de sang-froid, un acte dont la seule
vue rend malade pendant des jours : des tombes ouvertes,
d’autres souillées d’immondices, voilà
le spectacle qui nous attendait mercredi après-midi
à notre déplacement en ce lieu qui, naguère
était paisible, s’est transformé en
un endroit innommable, un enfer. On chercherait en vain
la place d’une grille et d’une entrée.
Rien ne défend le repos des morts de ce cimetière.
Les personnes et les animaux le traversent librement.
Le côté Sud est longé dans toute sa
longueur par un grand poulailler. A l’ouest, le
cimetière est défendu par un grand ravin
qui plonge directement dans l’oued Issers. Mais
les profanateurs viennent de l’est et du nord, c’est-à-dire
de la ville. Que voyons-nous en arrivant ? Deux jeunes,
dont un barbu, assis sur une tombe, dont le dessus en
marbre gît dans l’herbe. Ce barbu sait-il
que la religion musulmane interdit de s’asseoir
sur les tombes ? Il tripote un portable, un couteau sur
le rebord de la tombe. Le lieu retiré nous interdit
de faire la moindre remarque désobligeante. Nous
nous contentons de réprouver et de condamner sans
vouloir accuser personne. D’autant plus que surgissent,
d’on ne sait où, d’autres jeunes qui
nous observent à la limite du cimetière.
Enfin, Rabah, un jeune gaillard, s’approche et mêle
sa désapprobation à la nôtre. Ali,
beaucoup moins jeune, et qui prétend être
le propriétaire du terrain où se trouve
le cimetière, se joint à nous. Ensemble,
nous examinons les tombes. Les parois de certains caveaux
sont noircies par le feu qu’on y a allumé.
D’autres sont pleins de gros cailloux. Dans l’un
d’eux, une main, parfaitement conservée,
se dresse parmi un tas de gravats comme pour un salut
ou pour dire halte à la profanation. Rabah s’engouffre
dans le trou et, au prix d’un certain effort, la
retire et la montre. C’est l’avant-bras d’une
femme, identifiable aux ongles maculées et aux
doigts effilés, l’horreur nous laisse sans
voix pour interdire à notre guide d’y toucher.
Enfin, il replace respectueusement la main là où
elle était. Plus loin, une autre tombe. Un os long,
tibia ou péroné, est visible. Où
sont les autres os ? Un peu plus loin, une autre tombe
béante livre à notre vue des touffes de
cheveux longs et noirs. Une quatrième, une bière
en bois, est vide. D’autres caveaux, qui ont essuyé
des tentatives de profanation, ont résisté
grâce à des grilles en acier. « Regretté
par ses parents et ses amis » dit cette tombe devant
laquelle les profanateurs ont échoué dans
leur abominable œuvre. Une date 1832 et une autre
1889, marquant la vie du défunt. Parents et amis
doivent être quelque part dans le cimetière,
pas plus défendus que le cher regretté.
Mais voilà qu’Ali nous fait une révélation
qui, en rapport avec ce qu’il nous a dit plus tôt,
à savoir que certains morts ont été
transférés ailleurs, nous frappe : ce sont
des Espagnols, des Allemands qui seraient, selon lui,
enterrés ici. Les noms sur les tombes sont si peu
français, nous semble-t-il, et paraissent lui donner
raison. Le même Ali nous apprend qu’une équipe
de TF1 nous a précédés. Curieux que
son reportage n’ait pas suscité de réaction
de part et d’autre de la Méditerranée.
Rabah et Karim, deux jeunes chômeurs, proposent
de veiller sur le repos des morts et de rendre le cimetière
plus propre et plus sécurisé, si on les
employait à cette tâche. Entre-temps, le
groupe de jeunes a grossi. L’un d’eux nous
prend en photo avec son portable. A quelle fin ? Quant
à nous, nous quittons cet endroit blessé
et écœuré par ce manque de respect
aux morts qui est une insulte aux vivants que nous sommes.
Ali
D.
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