ANFANOMA
Monsieur Yves SAINSOT
70 Avenue de la Grande Armée
75017 PARIS
Paris, le 6 avril 2007
Monsieur le Président,
J'ai bien reçu votre questionnaire. Il est bien
entendu que ma réponse n'a rien d'électoraliste.
Je me refuse, comme certains, à promettre tout
y compris ce qu'ils savent ne jamais pouvoir tenir. Moi,
je m'engage auprès de vous selon ma conscience,
les idées que je défends, depuis toujours
et le programme politique de mon parti, le Front National.
Si je suis élu Président de la République,
en tout premier lieu, je ferai en sorte que jamais la
date du 19 mars 1962 ne soit considérée
comme journée nationale du souvenir en ce qui concerne
la guerre d'Algérie. Après cette date, en
effet, il y a eu plus de cent mille morts, supplétifs
égorgés, massacrés, jetés
dans les champs de mines, femmes et enfants, européens,
musulmans, juifs… enlevés, etc., ce que veut
oublier la FNACA.
De même, je m'emploierai à ce que cessent
les ridicules repentances actuelles et le mea culpa éternel
quant à la présence de la France dans ce
qui fut son empire, ou ses départements d'Afrique
du Nord. Il est bien entendu que je ferai, par contre,
reconnaître non pas la responsabilité de
la France dans le drame algérien, mais bien sûr
les responsabilités nominatives des artisans de
la trahison et de la perte de l'Algérie et du Sahara.
Dans la mesure du possible, la lumière sera faite
sur le massacre des harkis, les disparitions de civils
juifs, musulmans, catholiques, sur la fusillade du 26
mars 1962 à Alger et la tragédie du 5 juillet
1962 à Oran. Je ferai en sorte :
- Que le crime commis le 26 mars 1962 à Alger -
rue d'Isly, soit officiellement reconnu.
- Que toutes les victimes de la fusillade du 26 mars soient
déclarées d'office " Mortes pour la
France ".
- Qu'une stèle nominative et comportant explicitement
la référence à ce drame effroyable
soit apposée dans un lieu prestigieux de la capitale.
En ce qui concerne les indemnisations, les problèmes
particuliers du surendettement de certains rapatriés,
et la fixation ou mise à niveau des retraites,
un audit sera organisé par tous les services compétents
sous la responsabilité de l'administration et de
spécialistes, en accord avec toutes les associations
de rapatriés et de harkis. En effet, je pense que
pour corriger les lacunes et les insuffisances des dispositions
précédentes, tout doit être remis
à plat une fois pour toutes, et des dossiers définitifs
constitués. Cela sera valable également
pour les rapatriés aujourd'hui très âgés
et en difficulté financière, dont je demanderai
que les dossiers soient étudiés au cas par
cas, en priorité. Pour les pupilles de la Nation,
dont je suis, je veillerai, si ça n'est pas le
cas, à ce que leur sort soit identique à
celui des pupilles de métropole.
Si je suis élu Président de la République,
les enfants des écoles sauront que l'armée
d'Afrique, composée de troupes levées par
la Franc dans l'ensemble de son empire colonial, surtout
en Afrique du Nord, comprenait, en 1944, 173 000 Maghrébins
et originaires d'Afrique occidentale et équatoriale,
ainsi que 168 000 Français d'Afrique du Nord (presque
20 classes d'âge), 35 000 Corses et 20 000 évadés
de France. Ils apprendront ainsi que ces tabors, ces spahis
Algériens, Marocains et Tunisiens, ces tirailleurs
Sénégalais, ces " coloniaux blancs
", renforcés par des bataillons somalis, malgaches,
indochinois, ont combattu à Monte Cassino, en Italie
(janvier - juin 1944), pour emmener nos drapeaux et nos
étendards jusqu'au cœur de l'Allemagne. Entre
1942 et 1944, les pertes " impériales "
se sont élevées à 40 000 tués
et 72 000 blessés, soit 18 % des effectifs. Connaissant
personnellement, pour y avoir servi, les pertes énormes
des unités d'élite françaises, je
ferai en sorte que cesse la légende qui voudrait
que les troupes levées dans l'empire aient été
de la " chair à canon ". Il a fallu attendre
la sortie du film Indigènes pour que la presse
s'empare du problème des retraites des anciens
combattants de l'empire.
Il aurait été plus facile d'expliquer les
choses si le gouvernement, qui a en main tous les chiffres
et les barèmes, avait sorti une note explicative,
ce qu'il s'est bien gardé de faire. Du coup, chacun
en a profité pour raconter tout et n'importe quoi.
Tous les mensonges sont les bienvenus pour ces messieurs
de la désinformation, car ce qui compte à
leurs yeux c'est uniquement de traîner la France
dans la boue. S'il est certain que la pension du combattant
est ridiculement faible, elle l'est aussi bien pour les
anciens soldats métropolitains que pour les soldats
de l'empire. Il faut, pour être honnête et
pour que les choses soient compréhensibles, savoir
qu'actuellement un ancien soldat métropolitain
ayant fait tout ou partie de la guerre touche environ
35 € par mois, et non pas 450 € comme se plaisent
à l'écrire et à le répéter
tous les scribouillards antimilitaristes, qui n'avaient
hier que mépris pour nos soldats et les harkis
qu'ils traitaient de " collabo ". Non seulement,
j'exigerai du gouvernement algérien et de nos représentations
diplomatiques en Algérie que nos cimetières
soient sauvegardés, mais aussi entretenus. Une
mission consulaire française spéciale sera
créée à ce titre. Je ferai rapatrier
avec tous les honneurs qui leur sont dus les cercueils
de nos 1 300 marins assassinés par les Anglais
à Mers el-Kébir. Il est donc nécessaire
qu'un mémorial soit créé pour les
recevoir, de préférence en Bretagne dont
sont originaires beaucoup d'entre eux.
Mais, dans la décrépitude qui atteint notre
Nation, dans son mal de vivre et son penchant actuel pour
la repentance et le mea culpa éternel, je ferai
en sorte que les anciens combattants cessent de rejoindre
les cohortes de pleurnicheurs, d'aigris, de " jamais
contents " qui " gauchissent " l'histoire
de nos guerres. Tous ces combats n'étaient pas
toujours inutiles. C'est la façon de les raconter
qui l'est. Rien n'est perdu si nous gardons l'honneur.
Tout est à craindre si plus personne ne pense qu'il
est parfois utile et nécessaire de donner sa vie
pour la patrie.