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Pieds-Noirs
Mise à jour le 21.01.2008 à 19 Heures 30
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INFORMATION N° 027
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BIOGRAPHIE DU DERNIER MAIRE DE BOU-SFER
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LOUIS GUIFFREY
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Le 5 Juillet, le Paquebot " Kairouan " de la Compagnie de Navigation Mixte appareillait d' Oran pour Port-Vendres. Il emportait à son bord en même temps que des milliers de Français,
Louis Guiffrey, le dernier maire de Bou-Sfer et son épouse. Ils venaient d'échapper au massacre, en traversant la ville d' Oran livrée aux joies de l'indépendance, qui consistaient pour les libérés à massacrer tout ce qui était Français ou assimilé. Dernière image avant l'exil.
Trois jours plustôt, une cérémonie que se voulait empreinte de dignité avait en lieu au PC de la Willaya, une maisonnette très modeste de village Arabe de Bou-Sfer.
L' Amiral Barthélémy, commandant la base de Mer-el-Kébir en résidence à Bou-Sfer désireux de passer le pouvoir civil aux nouveaux maîtres, avait demandé au Maire et à quelques responsables de l' Administration locale de surseoir à leur départ, pour l'assister et souhaiter réussite à l'équipe de relève !
Les voeux pour un avenir pacifique et prospère s'étaient noyés dans un seau de sirop à la menthe. Ce sacrifice d' amour propre clôturait 17 ans de gestion municipale pour Louis.
Louis Guyffrey était né à Aïn-el-Turck, le 19 février 19915. Déjà enfant de la guerre, puisque son père était soldat sur le front Français. Il a passé sa jeunesse au village, écolier de la communale, puis élève du Lycée Ardaillon à Oran qui préparait au brevet Supérieur.
Revenu auprès de ses parents pour apprendre le métier de vigneron, il n'a pas profité longtemps de cette jeunesse civile puisque appelé au service militaire " pour deux ans " à
Saint-Germain-en-laye en octobre 1936 , au 2 eme Régiment de Cuirassiers, il ne quittera plus l'uniforme. De prolongations en rappels de réservistes, sans interruption jusqu'à la guerre puis affecté ensuite au maintien de l' ordre dans le Sud Algérien.
Revenu dans ses foyers en 1940 il aura le temps de connaître les diffucultés des privations et du manque de moyens pour cultiver les vignes, jusqu'au débarquement des Américains sur les plages Oranaises. Une ère nouvelle commence le 8 novembre 1942 pour l' Algérie avec ce communiqué laconique de Radio France !
Des troupes américaines ont débarqués dans la région d' Oran. On ne signale l'occupation par les troupes US que du village de Bou-Sfer.
Et le réserviste aussitôt est rappelé à son dernier corps d'origine à Mascara.
Le 2 eme Régiment de Chasseurs d' Afrique affecté au maintien de l'ordre dans une Algérie calme, que cependant le puissant émetteur radio nazi de Stuttgard avait appelé à la rébellion
par la voix d'un Musulman Algérien. La guerre contre l'Allemagne n'est pas terminée pour autant. Un corps expéditionnaire est constitué pour assurer le débarquement de l' Armée
d' Afrique en Provence
. Et le Maréchal des logis Guiffrey fait partie du premier combat de commande que rejoint le camp préparatoire basé près d' Arcole en attendant de s'embarquer à Oran. Avant le départ, il épouse Marcelle Vuillemot dans l' église de Bou-Sfer.
C'est donc une jeune mariée qui va vivre les angoisses de ceux qui ont une part d'eux-mêmes dans la guerre.
Elle reste dans la maison familiale auprès de son père.


LOUIS GUIFFREY MAIRE DE BOU-SFER EN COMPAGNIE DU GENERAL JOUHAUD
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LE DEBARQUEMENT
Le débarquement aura lieu le 15 Août 1944, en provence , après cinq jours de mer.
Et aussitôt conffronté aux troupes Allemandes encore pugnaces, il les poursuivra de la Méditerranée aux Vosges à l' Alsace, puis sur le sol Allemand, jusqu'à Sigmaringen et en Autriche. Démobilisé en Août 1945 après sept années de service militaire effectif, il revient dans son village, où ses compagnons ont répendu la courageuse et brillante conduite au combat du Maréchal des logis-chef.
Ainsi va commencer une autre aventure qui s'achèvera avec l' indépendance de l'Algérie.
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BOU-SFER

BOU-SFER était une commune de 4 000 habitants dont 1 500 de souche.
Située au coeur de la plaine d 'Enfra en dehors des voies de grande circulation d' Oran à Tlemcen, elle fut d'abord rattachée à la commune de plein exercice d' Oran, puis à
Aïn-el-Turck.
Le centre de BOU-SFER a été créé par décret impérial du 11 Septembre 1854.
Très apprécié pour son climat, exempt de paludisme, pour son alimentation en eau assurée par captage de plusieurs sources sur la crête du Murdjajo, le village est rapidement peuplé et son territoire, autrefois propriété des Maghzens, est attribué en lots assez exigus mais de bonne fertilité.
Le plan d' urbanisme créé à partir de rien, est particulièrement réussi, tracé en toile
d' araignée autour d'une place qui pour les commodités rappelle un forum Romain .

La mairie, l'Eglise, les Ecoles, les Commerces...
Des arbres entourent un espace servant au marché et pour les réunions, le loisir, la parlote sur les bancs. Comme tout village agricole, celui-çi s'assoupit un peu, les adductions d'eau potable se dégradent, le réseau routier et les rues demandent de l'entretien.
Mais la population Européenne reste constante. Les créateurs ont prévu, sur le flanc du centre de Colonisation, un vaste espace urbain approprié à la vie des Indigènes, autour d'un Marabout/Mosquée, d'un abreuvoir et d'un lavoir.
C'est ce que nous appelons le village Arabe !

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MODERNISATION DE BOU-SFER
Après la guerre 1914/1918 qui avait cruellement marqué le village. 62 morts à la guerre, pour une population purement Française d'environ 1 200 âmes ( sans tenir compte des Indigènes non citoyens Français et des Immigrés sûrtout Espagnols ) Les engagements financiers pour la modernisation du Centre étaient restés réduits.
A partir de 1930 et plus tard dans l'euphorie de la célébration du centenaire, les Bou-Sfériens ont souhaité profiter du progrès social, des bienfaits de l'électricité, des moyens de locomotion. Vers 1950 on ne parlait plus du prolongement du tramway d' Aïn-en-Turck jusqu'à El-Ançor, l'autombile et les autocars qui assuraient le service avec Oran ( 21 kms ) suffiraient.
Le problême désormais était l'accès aux plages qui, entre celles de Bouisseville, d' Aïn-el-Turck et celles des Andalouses, tentaient de nouveaux amateurs de pêche, de bains de mer.
Les 3 mandatures successives de Louis Guiffrey à la tête de la commune ont été très fructueuses dans tous les domaines. Le visage du Centre lui même a été modernisé .
La vaste place publique est dallée, on la décore d'une fontaine de marbre et de jardins.
L' électrification est étendue aux fermes de la paine et de la station balnéaire.
On construit des salles de classes supplémentaires ainsi que des logements pour les instituteurs . 4 classes pour les filles, 4 pour les garçons.
Et 2 classes dans le douar situé entre la plaine et le bord de mer où s'étaient agglutinés des Immigrés Marocains, originaires du Rif Espagnol.
Les chemins vicinaux ont été refaits et goudronnés. En ville, un dispensaire a été construit pour assurer les soins aux Indigènes ( supervisé par le Docteur Mandeville ) car à cette époque-là, la sécurité Social n'existait pas.
Tout cela étant pris en charge par la commune. Un ouvroir pour les femmes Musulmanes désireuses de connaître les techniques ménagères est contruit ainsi qu'un bâtiment servant de réserve pour le matériel municipal.
Pour complèter l'approvisionnement en eau potable, un puits est creusé dans la plaine et l'eau est amenée par tuyau jusqu'au réservoir municipal.
Un poste de secours de Pompiers est créé à Bou-Sfer pour assurer la sécurité des trois villages frères - Aïn-el-Turck - Bou-Sfer et El-Ançor.
enfin les habitants d' Oran et des environs peuvent profiter de l'aménagement de toutes ces petites criques qui formaient les plages de Bou-Sfer, depuis le Cap Falcon jusqu'à l'Oued Dith, soit 20 kilomètres de littoral à surveiller.
Ce qui supposait un poste de secours tous les kilomètres avec maîtres nageurs, poste émetteur-récepteur et 2 bateaux de surveillance.
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CONSEIL MUNICIPAL DE BOU-SFER

Toutes ces réalisations décidées par des Conseils Municipaux unis et toujours tenus dans une activité harmonieuse " Français - Indigènes " siègeant ensemble, ont été accomplies sans endettement de la commune et sans emprunts.
Le village avait connu une heure de gloire en 1954, lors de la célébration du Centenaire de la création du centre. Toutes les autorités adminitratives et électives avaient apporté leur témoignages d'estime aux édiles de Bou-Sfer en présence amicale de Général Jouhaud, né à dans ce village où ses parents autrefois avaient été instituteurs.

Jusqu'à l'indépendance de l'Algérie, la gestion du village n'a connu aucune défaillance et c'est un pays prospère, net , sans endettement, que l'administration régionale et du Conseil Municipal avec son Maire, Louis Guiffrey ont laissé à ses successeurs ignorants de la reconnaissance.
Les relations privées, les réceptions organisées avec le concours de son épouse en vue du bien commun n'avaient servi à rien. Au contraire, on a appris après son départ que certains de ses collaborateurs avaient été torturés, qu'un complot contre sa personne avait été tramé par les nouveaux maître du Pays. Aussi a-t-il sagement renoncé à revoir sa maison, ses travaux, les bienfaits qu'il avait apporté à une population aimée. Résigné devant l'indifférence sinon l'hostilité de " l 'Etablishment " politique de la France, il a changé de métier, puis il a pris ses quartiers de retraité, sur les rives du Léman où parfois il reçoit l'hommage de ceux qui ne l'ont pas oublié.

RAYMOND PASTOR

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AMICALE DE LA CORNICHE ORANAISE