MOTION
DU COLLECTIF DU 13 MAI 1958 A ALGER
à
Monsieur le Président de
la République Française,
- Attendu que les Départements Français
d'Algérie ont été abandonnés
en violation de l'article 2 de la Constitution :
«
La France est une République une et indivisible
»
- Attendu que le référendum du 8 avril 1962,
anticonstitutionnel puisque les habitants des Départements
Français
d'Algérie
ont été exclus de cette consultation qui
scellait leur destin, est une forfaiture du pouvoir de
cette époque.
- Attendu que l'immense espoir de paix soulevé
par le 13 mai 1958 a été trahi alors que
la lutte contre le FLN était
gagnée
sur le terrain, que des réformes importantes étaient
engagées et que les populations donnaient des
témoignages
de fraternisation sur tout le territoire.
- Attendu
que lors de sa conférence de presse du 23 octobre
1958, le Général De Gaulle à déclaré
«
Quelle hécatombe connaîtrait l’Algérie
si nous étions assez stupide et assez lâche
pour l’abandonner ».
- Attendu que les promesses qui ont été
faites n'ont jamais été tenues par le chef
de l'Etat qui avait notamment
déclaré
en 1959 : « Moi vivant, jamais le drapeau du FLN
ne flottera sur l'Algérie ».
-
Attendu qu’après le cessez le feu du 19 mars
1962, le Chef de l’Etat, Chef des armées,
parfaitement informé,
a
refusé de donner les ordres nécessaires
à l’armée de protéger les ressortissants
français de souche européenne
comme
nord-africaine, des assassinats et enlèvements.
- Attendu
que le gouvernement français n'a pris aucune disposition
pour faire respecter les dispositions des accords d’Evian.
Nous
demandons que la Nation reconnaisse par une loi, les responsabilités
de l’Etat français :
- Responsabilité directe dans le massacre, commis
par des troupes françaises à Alger le 26
mars 1962 rue d'Isly et dans d’autres villes, à
l'encontre de foules pacifiques et sans armes défilant
derrière le drapeau français et clamant
son attachement à la France.
- Responsabilité pour non intervention et donc
complicité avec le FLN et l'ALN dans les massacres
et enlèvements commis après le 19 mars 1962.
- Sur des dizaines de milliers de Harkis et leurs familles,
désarmés, abandonnés sur ordre et
livrés sans défense à des actes de
barbarie dès le 19 mars 1962.
- Sur des milliers d'Européens et notamment à
Oran le 5 juillet 1962.
- Responsabilité pour avoir empêché
l’évacuation vers la métropole des
harkis et leurs familles, menacés en Algérie
par le FLN.
- Responsabilité
dans le massacre de Harkis refoulés de la Métropole,
assassinés quelquefois sur les quais ou ils avaient
été débarqués.
- Responsabilité dans l'exode inorganisé
et l'accueil indigne des «Rapatriés »
en métropole.
- Dans l'absence délibérée de recherche
des civils enlevés/disparus et des militaires prisonniers,
certains pourtant suivis à la trace durant des
années après l'indépendance, par
nos services secrets.
Nous Français de toutes origines réunis
en ce 13 mai 2008 à Marseille, en mémoire
de cette date historique,
nous
attendons de vous, le respect de l’engagement que
vous avez pris lors de la campagne électorale auprès
des
représentants de la communauté harkie réunie
à votre siège de campagne, le 31 mars 2007,
en déclarant
solennellement
: "Si je suis élu Président
de la République, je veux reconnaître officiellement
la responsabilité
de
la France dans l'abandon et le massacre des Harkis et
d'autres milliers de "musulmans français"
qui lui
avaient
fait confiance, afin que l'oublie ne les assassine pas
une nouvelle fois."
Engagement
que vous avez
confirmé
devant les représentants de la communauté
pied-noire le 13 avril 2007 en affirmant votre volonté
de
reconnaître
la réalité de tous les crimes commis par
l’Etat français envers les Français
d’Algérie et rapatriés.
Confiant
dans vos décisions, nos compatriotes vous demandent
:
- les réparations morales et matérielles
qui s’imposent.
- l'ouverture de toutes les archives sans délais
ni entraves d'aucune sorte.
- le statut de « Morts pour la France » pour
toutes les victimes civiles et pour ceux qui se sont dressés
pour
défendre
l’intégrité du territoire national.
- le droit de réponse dans les médias publics,
chaque fois que la vérité historique est
bafouée.
- la réhabilitation immédiate des cimetières
profanés depuis l'indépendance et leur protection.
- le
refus de toute forme de repentance ou d'excuse.
- que ne soit pas honorés sur notre sol national,
les Français qui ont collaborés à
l’action terroriste du FLN.
-
le respect par les représentants de l’Etat
des dates officielles de commémoration des victimes
de la guerre d’Algérie.
46 ans après leur exode, deux millions de Français
rapatriés attendent que vous honoriez les engagements
pris à leur égard.
Veuillez
agréer, Monsieur le Président, l'expression
de notre très haute considération.
SIGNE
: LE COLLECTIF DU 13 MAI 1958 A ALGER, Fait le 13 MAI
2008
Le
Coordinateur : André LORE
Président
du Comité d’Action Patriotique des A.M.
Contact
: andre.lore@wanadoo.fr
04
93 87 26 22
06 68 87 77 77